Banksy : quand marketing et street art se rencontrent !

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Je te présente Banksy : Cet homme est LA référence en terme de street art ! 🎨

Depuis 1999, ce mystérieux artiste de rue britannique fascine et intrigue. Il utilise la peinture (particulièrement les pochoirs) sur les murs du monde entier pour délivrer des messages impactant, mêlant engagement, poésie et humour.
À travers ses réalisations, son but est d’amener les spectateurs à réfléchir.

Tu peux en apprendre un peu plus sur lui à travers la vidéo Brut ci-dessous ⤵️

Pour t’éclairer davantage, je te présente quelques-unes de ses œuvres (qui sont mes préférées) :  

  • « The Son of a Migrant from Syria » (Le fils d’un migrant syrien) – Calais, France, décembre 2015) :
The Son of a Migrant from Syria – Banksy (Calais, décembre 2015)

Réalisée à l’entrée du campement de migrants improvisé à Calais (surnommé « la jungle »), cette œuvre représente Steve Jobs, le fondateur et ancien PDG d’Apple, avec un baluchon et son ordinateur.
Suite à cette réalisation, Banksy avait diffusé un communiqué dans lequel il disait : “
On nous fait souvent croire que l’immigration est un fardeau pour les ressources d’un pays mais Steve Jobs était le fils d’un immigré syrien. Apple est la société qui dégage le plus de bénéfices, et qui paye plus de sept milliards de dollars d’impôts ; mais cela a pu être le cas seulement parce qu’un homme venu de Homs a pu entrer aux Etats-Unis“.

  • « Free Zehra Dogan » (Libérez Zehra Dogan) – New York, Etats-Unis, décembre 2018 :
« Free Zehra Dogan » – Banksy (New York, mars 2018)

En collaboration avec le graffeur Borf, cette peinture monumentale met en avant les 273 jours d’emprisonnement de la journaliste et artiste Zehra Dogan.
En effet, en mars 2017, la jeune femme Kurde avait été condamnée à presque 3 ans de prison pour avoir publié sur Twitter l’un de ses dessins illustrant la violence de la destruction de la ville de Nusaybin, à majorité kurde, par l’armée turque.

  • « Follow Your Dreams / Cancelled » (suivez vos rêves / Annulé) – Boston, Angleterre, mai 2010 :
« Follow Your Dreams / Cancelled » – Banksy (Boston, mai 2010)

Ce graffiti apparu dans une zone à faible revenu de Chinatown à Boston représente un peintre au regard fatigué, debout à côté de la phrase « FOLLOW YOUR DREAMS » et du mot « CANCELLED » en blanc encadré de rouge qui la recouvre. À travers cette œuvre, notre star du street art souhaite dénoncer à travers un trait d’humour noir que certains n’ont plus le choix de suivre leurs rêves, et met l’accent sur un monde contemporain inégalitaire.

En bref, Banksy est devenu un véritable phénomène culturel ; Il a non seulement captivé la génération milléniale accro à Instagram, mais a également rempli les murs des villes de ses œuvres, rendant l’art plus accessible à toute la population.

En effet, cet artiste a le don de faire réagir les gens : son art est captivant, oui, mais ce que je trouve encore plus fascinant, c’est l’image qu’il a construite autour de son personnage. En plus d’être un artiste complet, c’est un véritable as du marketing. Comment ? Nous allons le décrypter ensemble !

1. Une personnalité… anonyme

Son mystérieux anonymat


Il faut savoir que Banksy est un pseudonyme, et que sa véritable identité est inconnue.
Depuis 20 ans, le street-artist parcourt les quatre coins du globe pour y dépeindre l’actualité grinçante et alarmante sans jamais dévoiler son visage. Il a construit son propre mythe et cultive un mystère où rien n’est laissé au hasard.

Un art de l’esquive qui se révèle être une véritable stratégie de communication : dans une ère qui prône les valeurs de transparence, l’anonymat est un décision de rupture qui nourrit la curiosité, anime les conversations et attire donc l’attention.
Il n’est pas le seul à avoir adopté ce choix, puisque Sia, ou encore Daft Punk fascinent également par leur anonymat. 

Cet anonymat lui permet de jouer avec l’usurpation et d’entretenir ce mystère. En effet, il n’a jamais vraiment signé ses œuvres : Il s’agit peut-être pour lui d’une manière de montrer que l’art appartient à tout le monde.
De plus, cette absence de signature laisse planer le doute lorsqu’une réalisation vient d’apparaître sur un mur. Elle génère beaucoup de bouche à oreille et suscite les questions : « Est-ce Banksy qui l’a réalisée ? ». Quelques jours plus tard, l’agence Pest Control (qui est le seul contact avec l’artiste) confirme et certifie l’authenticité de ses œuvres

Sa véritable authenticité

Banksy a sûrement fait le choix de l’anonymat pour concentrer l’attention sur ses œuvres et sur les faits de société qu’elles dénoncent, plutôt que l’attention ne soit « parasitée » par la célébrité ou sa vie privée.

Néanmoins, notre graffeur montre une véritable facette de sa personnalité à travers ses créations : il souhaite rester honnête envers ses croyances. Fasciné très tôt par le graffiti, il y voit une manière de se faire entendre, de manifester et de contester sur un espace libre, le mur.
C’est une personne authentique qui ne craint pas de dénoncer des sujets sensibles voir tabous, ni de dire ce qu’il pense.

2. Un travail simple en apparence… mais méticuleux

Des pochoirs : un outil simple, mais travaillé en amont

A travers le street-art, Banksy transforme la ville en sa propre galerie où exposer ses œuvres.
Néanmoins, cette pratique étant illégale en France et dans certains autres pays du monde, notre graffeur clandestin doit réaliser rapidement ses œuvres pour ne pas être vu.
Cela donne l’impression que ses graphs sont précipités, et faits sur le moment, mais en réalité il utilise principalement la technique des pochoirs, ce qui lui permet de préparer ses créations à l’avance et de réfléchir spécifiquement à chacune d’entre elles. C’est un artiste très précis qui a le sens du détail.

Les réseaux sociaux : du contenu spontané, mais tout un art de communiquer

Banksy maîtrise indéniablement l’art du storytelling. Toutes ses actions sont nouées de sens et ont un fil conducteur. En plus d’être un street-artiste, il est un vrai community manager.
En effet, notre graffeur préféré sait manier les réseaux sociaux et il y a repris les codes principaux à travers différentes actions :

  • Création d’un compte Youtube avec des vidéos assez courtes (environ 2 minutes), facilement regardées : la vidéo courte demeure le média le plus performant actuellement sur les réseaux sociaux, c’est une méga tendance. Nous pouvons le remarquer à travers l’essor de la plateforme Tiktok qui repose uniquement sur le partage de vidéos courtes, ou encore Facebook et Instagram qui ont lancé leurs onglets « Watch » et « Réels » à l’intérieur de l’application, uniquement dédiés à la vidéo. En effet, elles plaisent davantage aux utilisateurs et sont facilement re-partagées car elles se veulent plus personnelles que les photos, plus dynamiques et suscitent plus d’intérêt. Bansky l’a très bien compris à travers sa chaîne Youtube.
  • Imagination du hashtag « #Banksy » : Un hashtag permet de catégoriser une publication dans une thématique, principalement sur Instagram ou Twitter. Les internautes peuvent cliquer dessus et retrouver par la suite d’autres internautes qui l’utilisent. Il permet donc de fidéliser les fans et de les inclure dans une communauté pour créer de l’engagement.
  •  Réaction à l’actualité : Banksy cherche à se mettre à la place de la population et essaie toujours de comprendre les individus tout en se démarquant. Il dénonce sur les murs de la même façon que des internautes pourraient dénoncer sur les réseaux sociaux.  Au lieu de réagir sur son « mur » Facebook, il revient aux valeurs centrales en réagissant sur un vrai mur dans la rue. De plus, à l’image des posts sur le fil d’actualité des réseaux sociaux qui disparaissent au bout de quelques heures pour faire émerger du contenu plus récent, ses œuvres sont aussi éphémères puisqu’elles sont en général détruites du fait de leur illégalité.
  • Suivi des tendances qui marchent le mieux : l’artiste a dessiné un chaton sur un mur en Palestine pour attirer l’attention de la destruction de Gaza en le justifiant par le fait que « sur les réseaux sociaux, les gens ne remarquent que les photos de chatons ».

    chaton avec un noeud rose levant la patte
    L’œuvre de Banksy à Gaza (février 2015).
  • Organisation de jeux concours : le jeu concours se développe énormément sur les réseaux sociaux, et principalement sur Instagram. Banksy l’a bien compris et l’a utilisé pour venir en aide aux migrants : il propose de gagner l’une de ses œuvres en devinant son poids via une plateforme en ligne. Pour pouvoir jouer, il fallait réaliser une donation d’un minimum de 2 livres, qui étaient intégralement reversés à une organisation d’aide aux réfugiés.
  • Invention de citations : sur Instagram, les habitués de la plateforme aiment beaucoup écrire en légende une courte citation qui accompagne leur photo. Banksy utilise le même code dans son art, puisqu’il insère des phrases courtes dans certaines de ses œuvres, comme vous pouvez le voir ci-dessous.Banksy citation oeuvre

3. Des apparitions imprévisibles… mais très calculées

À travers des évènements

Banksy a le don de faire parler de lui : il met en scène des événements imprévisibles.
On peut citer l’exemple de l’autodestruction de son œuvre « Girl with Balloon » lors d’une vente aux enchères à Londres en 2018 :  le tableau venait d’être vendu à plus d’un million d’euros lorsqu’une déchiqueteuse dissimulée dans le cadre s’est enclenchée et a réduit le tableau à quelques bandelettes de papier ! 

À travers cet acte, l’artiste souhaitait dénoncer la marchandisation de l’art et son message est plutôt clair : ses œuvres ne peuvent pas être collectionnées.

Cette action a créé un véritable buzz mondial : de nombreuses enseignes ont su détourner ce tableau pour se l’approprier. Banksy utilise des techniques de marketing, mais le marketing lui-même s’inspire de l’artiste !  

La vente imprévisible de ses tableaux dans un stand près de Central Park a également fait le buzz autour de l’artiste : ses œuvres étaient vendues pour un prix maximum de 60$. Seulement 3 passants ont flairé cette bonne affaire (ou ont eu beaucoup de chance).
Cet acte est l’occasion pour lui de montrer que l’art n’a pas de véritable prix.

Nous pouvons donc nous rendre compte que Banksy surprend et entretient le suspens à travers des évènements inattendus, qui étonnent et créent beaucoup de viralité. Cela permet de capter l’attention du public et de garder son image sur le devant de la scène. En effet, l’artiste fait en sorte qu’on se souvienne de lui pour être dans le « top of mind », grâce à des actions marquantes (comme déchiqueter sa propre peinture par exemple !).

À travers la création de ses œuvres 

Banksy n’annonce jamais l’emplacement de chaque pièce qu’il réalise. Il crée un phénomène lorsque ces premiers dessins sont découverts dans une ville, et cela entraîne une véritable chasse au trésor quotidienne à l’échelle de la ville pour trouver les prochains !

Il a notamment lancé des opérations comme « Better out than In » à New York où il s’est engagé à peindre pendant un mois sur les murs de la célèbre ville américaine. Ce type de diffusion attise l’excitation de son public mais aussi des médias, chacun attendant, tel un enfant face au calendrier de l’avent, la fameuse ”œuvre surprise » du jour.
La toile aime rêver et enquêter pour découvrir où sont les œuvres de Banksy et ce qu’elles signifient. 

Pour conclure… 

Banksy est un individu, mais également bien plus : même à travers l’anonymat, il a réussi à créer une véritable image de marque. Grâce à sa pertinence et sa détermination, il construit un storytelling constant et cohérent sur la durée. Suite à ses différentes apparitions, il est également devenu le maître du marketing viral !
Les réseaux sociaux sont une réelle source d’inspiration pour l’artiste, qui sait les utiliser à la perfection. En effet, même si notre star du street art donne l’impression que ses actions sont spontanées, tout est en réalité très réfléchi ! 

N’hésitez pas à commenter pour me donner votre avis sur l’artiste, ses œuvres ou sa stratégie marketing ! 😉
Et si vous êtes intéressés par l’art, allez jeter un coup d’œil à notre sélection d’influenceurs d’art sur Instagram.

Sarah Bernard

2 commentaires sur “Banksy : quand marketing et street art se rencontrent !”

  1. Je ne connaissais absolument pas Banksy; et grâce cet article j’ai pu en apprendre davantage. J’ai déjà vu certaines de ses œuvres sans savoir de qui elles venaient.
    Il est intéressant de connaître cet artiste parmi les différents paragraphes qui résument bien ses œuvres et sa manière d’exprimer son art.
    On aimerait quand même un jour savoir qui se cache derrière cet anonymat.. un jour peut être.

  2. Double facette, anonyme mais souhaitant faire parler de lui, plusieurs artistes on choisi de se cacher, SIA, Daft Punk pour les plus connu ☺, c’est relativement opposé mais cela fonctionne car le mystère et la différence attire souvent. Je suppose qu’ils veulent simplement s’exprimer mais ne pas subir tous les désagréments de la popularité. Dans les cas c’est terriblement efficace, bravo à eux et merci à Sarah de nous faire découvrir cet artiste.

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