PACKAGING ALIMENTAIRE : PLACE À L’ECO-CONCEPTION !

La préoccupation environnementale est au cœur de notre société. Les consommateurs sont de plus en plus engagés à adopter un comportement responsable au quotidien, notamment en ce qui concerne l’alimentation. Cela se traduit à la fois par le flexitarisme, l’achat en local, la recherche de produits de qualité, le respect des saisons mais également par l’attention à l’éco-conception des emballages. En 2018, près de ¾ des consommateurs considéraient important voire très important le fait d’acheter des produits avec moins ou sans emballage.

 

DES CONSOMMATEURS EN QUÊTE DE SENS 

Si le packaging ne déroge pas à la règle, c’est que les consommateurs sont conscients de leur rôle. Dans son bilan de 2018, l’éco-organisme Citeo a estimé que plus de 5 096 kilotonnes d’emballages alimentaires ont été jetés en France. Ces consommateurs, de plus en plus impliqués, sont prêts à changer : 86 % des Français disent trier leurs déchets, dont 59 % de façon systématique.

En 2018, 62 % des consommateurs français se déclaraient prêts à payer plus cher pour un produit conditionné dans un emballage sans plastique. Par ailleurs, pour 83 % des interrogés, l’industrie alimentaire ne met pas en place les moyens nécessaires pour lutter contre ces packagings destructeurs de la planète (1).

CONCEVOIR UN EMBALLAGE ÉCOLO : UNE QUESTION STRATÉGIQUE

L’emballage est un moyen de refléter les engagements d’une marque : il doit être en cohérence avec ses valeurs. Choisir des matériaux recyclés ou issus de forêts gérées durablement, optimiser la taille et le volume de l’emballage ou même tenter de réduire les quantités d’encres utilisées : les alternatives pour une conception plus responsable ne manquent pas.

Aujourd’hui, l’essentiel des emballages agroalimentaires sont en plastique non recyclé. Un chiffre qui ne répond pas à la demande de durabilité des emballages et de respect de l’environnement des consommateurs.

Zoom sur quelques exemples de bonnes pratiques de marques qui ont suivi les tendances d’éco-design :

  • Des emballages mono-matériau favorisant la recyclabilité 

En vue de réduire l’impact environnemental de ses produits, et conformément aux consignes de tri lancées par Eco-Emballages, la marque Leerdammer a fait évoluer l’emballage de ses produits. Tandis que l’ancien packaging était composé d’une barquette et d’un couvercle faits à base d’une feuille plastique multicouche et multi-matériaux (PET/EVOH/PE), le nouvel emballage est constitué uniquement d’une feuille mono-matériau 100 % PET (polytéréphtalate d’éthylène). 

 

  • Des emballages en plastique recyclé

Cette année, Coca-Cola a produit 300 exemplaires de bouteilles fabriqués à partir de 25 % de déchets plastiques marins collectés, recyclés et adaptés à un usage alimentaire. D’autres entreprises vont encore plus loin dans la démarche comme Faerch Plast au Royaume-Uni qui a lancé récemment un emballage 100 % fabriqué à partir de PET recyclé.

 

  • Les emballages luttant contre l’aspect éphémère du packaging 

Séduire les consommateurs en leur offrant des solutions innovantes et écologiques, voici la stratégie adoptée par mycofeestar, myecocafé et bien d’autres marques. Afin de lutter contre les dosettes de café à usage unique, une innovation a vu le jour : une capsule en inox rechargeable avec du café moulu, lavable, réutilisable et compatible avec de grandes marques de café. Une solution économique et respectueuse de la nature en limitant les déchets.

 

  • Les solutions biodégradables et compostables

Sacs en polyéthylène à base de maïs, emballages en fibre de jute ou de blé, les entreprises ne cessent d’innover pour séduire les consommateurs engagés. Tel a été le cas de Vegan bottle, qui a créé des bouteilles en plastique végétal issu de canne à sucre, 100 % biodégradables et recyclables à l’infini. Une révolution qui, contrairement aux autres plastiques majoritairement vendus dans le monde, ne nécessite aucune goute de pétrole.

 

  • Quand le déchet devient un aliment 

Initiative portée notamment par la start-up indonésienne Evoware, recycler l’emballage n’est pas suffisant. En plus d’être non seulement dégradable, cette nouvelle forme packaging 100 % naturelle est également comestible. Sachets de thé, gobelets en plastique ou encore emballages individuels en algues (ici réalisés pour la marque de gaufres Bruxel Vegan Liège Waffle) réellement responsables sont à envisager pour réduire les déchets en apportant en plus fibres et vitamines aux aliments.

Emballages en algues, chanvre, polystyrène en champignon, amidon de maïs… Les nouvelles inspirations pour préserver l’environnement ne manquent pas. Aujourd’hui, 90 % des déchets en plastique du pays finissent ainsi dans les cours d’eau, puis les océans. Après le premier rayon entièrement sans plastique dans un supermarché aux Pays-Bas en 2018, que nous réserve 2020 ?

(1): Sondage Tipa Corp, septembre 2018

 

Laura L.

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