Gaspillage alimentaire, le marketing peut-il agir ?

Selon une étude de l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (Ademe), le gaspillage alimentaire représente en France 29 kg par an et par habitant soit une valeur commerciale estimée à 16 milliards d’euros par an. Ce qui représente l’équivalent de 15,3 millions de tonnes équivalent de CO2. Une tonne de CO2, c’est 20 allers-retours Paris-Londres en avion !

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Les grandes et moyennes surfaces (GMS) agissent 

Intermarché a décidé en 2014 de se lancer dans un combat digne des plus grandes envolées de ces dernières années chez les grands distributeurs : lutter contre le gaspillage. Le gaspillage est représenté à 40 % par les fruits et légumes pour qui les standards de beauté sont souvent plus élevés que les mannequins défilant sur les podiums. 

L’enseigne a décidé de commercialiser ces aliments, dans un rayon dédié. Une campagne 360 avec un espace réservé aux fruits et légumes moches vendus 30% moins chers, une communication d’affichage, des dégustations de soupes et de jus provenant de fruits et légumes hors normes ont eu lieu dans le magasin de Provins. Les recalés des fonds de cagettes sont mis à l’honneur !

L’imparfait est-il le nouveau normal? 

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On pourrait appeler ça, le concept Fruiler : un Tinder des fruits et légumes moches pour  enfin trouver l’amour !!

Pour continuer sur sa lancée, Intermarché a démarré en 2017, une saga publicitaire pour accompagner son repositionnement sur le mieux manger et la mise en avant de son côté producteur- commerçant qu’il travaille déjà depuis des années. Son premier spot publicitaire avait fait un carton, après avoir dépassé le million de vue sur internet, il a été récompensé par la profession, en remportant notamment le Grand Prix Effie 2018. Cette campagne de publicité « L’amour l’amour » avait été créé par l’agence de pub Romance. Depuis ce succès, l’émotion a été au cœur de sa stratégie publicitaire avec un format long accompagné d’une vrai histoire et d’une production exigeante. Certains diront que c’est l’un des meilleurs spots publicitaire des 10 dernières années !

 

Les invendus des uns font le bonheur des autres ! 

Avec l’avènement du concept d’économie circulaire, les invendus des uns deviennent les paniers surprise des autres. Si le gaspillage alimentaire était un pays, il serait le 3e émetteur mondial de CO2 après la Chine et les États-Unis. Un tiers de la nourriture produite est gaspillée soit 41 tonnes jetées chaque seconde. Cette nourriture serait suffisante pour nourrir les 800 millions de personnes qui meurent de faim dans le monde. Avec ces chiffres qui font tourner la tête, certaines personnes ont eu l’idée révolutionnaire de se servir des produits plus vendables au grand public pour les revendre à moindre prix aux particuliers. Ingénieuse idée qui permet la réduction directe des kg jetés par l’industrie alimentaire.

Gaspillage_alimentaire_fleau chiffres_contre_le_gaspillage_alimentaire

 

Too Good To Go est donc devenu le héros anti-gaspi ! Et il a frappé fort au niveau de sa communication. À l’occasion de la semaine du développement durable, Too Good To Go, accompagné de l’agence Social Club a envahi d’affiches 11 pays européens dont 4 villes en France afin de faire prendre conscience de l’importance du gaspillage alimentaire. Dans un premier temps, la campagne lance l’alerte avec une première série d’affiches : « Qui est le 3e plus grand pollueur dans le monde ? » Quelques jours plus tard, une deuxième série est ajoutée à la première. Ce qui ressemblait à une usine est en réalité une fourchette. Diffusée en outdoor et en digital, l’opération a pour but d’informer la population sur une réalité très souvent ignorée.

Qui est le plus gros pollueur du monde_contre le gaspillage alimentaire Gaspillage Alimentaire_campagne To_good_to_go

En France, 10 millions de tonnes de nourriture finissent jetées chaque année. Mal comprises, les dates de péremption sont responsables de 20% du gaspillage dans les foyers. Le saviez-vous ? Il existe deux types de dates :

  • les DLC (à consommer jusqu’au)
  • les DDM (à consommer de préférence avant).

La mention des DDM pousse à un gaspillage inutile et incite à jeter des produits toujours consommables, en effet une DDM signifie que si le produit peut changer d’aspect après la date de péremption (texture, couleur…), il ne présente cependant pas de risques pour la santé.

Pour faire plier les industriels et éduquer les consommateurs, Too good to go a lancé en 2018 une pétition pour faire changer les dates de péremptions et pour marquer les esprits, il en fait un rap !! La pétition #ChangeTaDate, a obtenu plus de 60 000 signatures en moins d’un mois.

Carrefour a été le premier distributeur à modifier ou supprimer les dates de consommation de plus de 500 produits de sa marque. Enfin, Carrefour souhaite militer pour une révision de la législation européenne et modifier à terme la mention « A consommer de préférence avant » par une mention plus simple de type « Meilleur avant le». Aujourd’hui Carrefour s’engage auprès de Too Good To Go !

La start-up Too Good To Go, créé en 2016 a réussi autour d’un livre blanc les 15 des plus gros acteurs de l’industrie alimentaire dans le monde (Unilever, Danone, Carrefour, Intermarché, Coca-Cola…) afin d’agir sur les dates de péremption.

Face à ce futur rempli d’incertitudes, certains acteurs qu’on ne soupçonne pas prennent part à des initiatives, alors pensons fort à la légende du Colibris de Pierre Rabhi.

Et vous, quelles sont vos contributions ?

#minutespapillon

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Bonne fêtes à tous !! 🧨 

3 commentaires sur “Gaspillage alimentaire, le marketing peut-il agir ?”

  1. Ping : Manger moins cher peut sauver la planète

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