
Récemment présente à Paris, dans le cadre de deux matchs de saison régulière entre les San Antonio Spurs du Français Victor Wembanyama et les Pacers de l’Indiana, la NBA (National Basketball Association) a pu mettre en avant son produit, ses stars, et son show unique au monde. L’occasion, pour la ligue de basketball la plus réputée du globe, de rassembler de nombreuses célébrités autour du ballon orange, mais aussi d’accentuer son impact écologique non négligeable sur la planète.
Et pour cause, la NBA est, de très loin, la ligue sportive qui pollue le plus des États-Unis, comme l’affirmait encore ESPN, en 2020. En effet, les 30 franchises NBA qui constituent la ligue sont éparpillées aux quatre coins des USA, ce qui représente un lourd héritage en matière de pollution et d’empreinte écologique, en raison des déplacements incessants des équipes à travers les États-Unis et du nombre de matchs qui se jouent chaque saison (82 par franchise, sans compter les Playoffs !).
En 2019, une étude a révélé que la NBA représentait l’un des plus gros contributeurs à la pollution au sein des ligues sportives américaines, notamment en raison de ses voyages aériens. L’empreinte carbone de la ligue, notamment liée à ses déplacements sur de longues distances, est donc bien réelle, tout comme celle générée par les infrastructures et les événements massifs.
De plus, la surconsommation de ressources lors des matchs (gobelets jetables, éclairage intense des stades…) fait écho aux dérives que l’on retrouve dans de nombreuses autres grandes industries. Ces constats laissent entrevoir un contraste saisissant entre l’enthousiasme généré par le show en lui-même et les conséquences écologiques de ces événements.
Cependant, ces dernières années, la NBA semble prendre conscience de la nécessité de se réinventer et d’intégrer une démarche plus responsable. En multipliant les campagnes écologiques et en ouvrant le débat autour du trop grand nombre de matchs (et donc, de déplacements en avion), la NBA tente de se mettre au vert, pour elle, son image, mais aussi et surtout, pour le bien de la planète.

2020, l’année du déclic pour la NBA
La pandémie de Covid-19 a agi comme un point de rupture dans de nombreux secteurs, dont celui du sport. La NBA ne fait pas exception. Face à cette crise, les franchises américaines s’étaient en effet rassemblées dans une seule et même ville, Orlando, pour y jouer l’intégralité des rencontres de la saison 2019-2020 (à partir de la pandémie). Une initiative qui aura permis la réduction de la pollution, en raison de l’arrêt des trajets en avion, tout en permettant aux joueurs de mieux récupérer, pour mieux performer.
En plus des défis sanitaires, économiques et sociaux, la ligue a dû repenser en profondeur son modèle d’organisation. À partir de 2020, sous la direction de son commissionnaire Adam Silver, la NBA a amorcé un changement radical dans sa gestion des enjeux environnementaux.
Le calendrier des matchs a été révisé, et la question de la pollution liée aux déplacements a été remise sur la table. Les critiques se sont intensifiées concernant l’empreinte carbone liée aux trajets en avion entre les villes des États-Unis, le pays étant vaste et les équipes devant parcourir de longues distances pour des matchs réguliers. Par ailleurs, de nombreux joueurs ont exprimé leur désir de voir la ligue se tourner davantage vers des solutions plus durables.
La NBA a ainsi commencé à tester des solutions plus écologiques, notamment la réduction du nombre de matchs, la promotion des voyages en train dans certaines régions, et l’adoption de pratiques plus responsables en matière de gestion des infrastructures. Autant d’actions positives qui n’ont néanmoins jamais remis en cause le niveau de performance des joueurs, ayant souvent eux-mêmes œuvré pour l’allégement de leur calendrier.
Nets“ for Change”, une initiative pour l’environnement et le développement durable
Si la pandémie a permis à la NBA de repenser sa politique écologique, des initiatives plus concrètes ont vu le jour récemment. Parmi celles-ci, “Nets for Change” est une campagne emblématique, lancée en Inde, en 2024, qui symbolise la volonté de la NBA de conjuguer écologie et développement du basketball à l’international.
Lien vers la vidéo de la campagne :
NETS FOR CHANGE – Breathing new life into the sea, one hoop at a time.
L’initiative vise à récupérer des filets de pêche abandonnés dans l’océan Indien pour les transformer en filets de basketball. Ces filets, récupérés sur les côtes indiennes, sont ensuite réutilisés pour créer des équipements pour les terrains de basket locaux. Cela permet non seulement de recycler des matériaux polluants, mais aussi de sensibiliser la population indienne aux enjeux environnementaux, tout en contribuant à la popularisation du basketball en Asie.

L’Inde, l’un des pays les plus pollués au monde, est un terrain de jeu stratégique pour la NBA qui y voit un potentiel de développement. Cette action va au-delà du simple geste écologique : elle fait partie d’une stratégie de la ligue pour s’implanter durablement en Asie, à l’instar de son développement en Afrique avec la création de la NBA Africa.
Autre exemple marquant : la nouvelle salle des Los Angeles Clippers, inaugurée en 2024, dotée de panneaux solaires pour produire de l’électricité. Ce type d’infrastructure durable est devenu une priorité pour les équipes, qui souhaitent désormais jouer un rôle actif dans la transition énergétique.
La NBA a également lancé des actions comme NBA Cares, qui lutte contre la pollution plastique en encourageant les fans à venir aux matchs avec des bouteilles réutilisables. Une initiative simple mais efficace qui montre qu’au-delà du spectacle sportif, la ligue prend des mesures concrètes pour réduire son empreinte écologique.

Un chemin semé d’embûches, mais une prise de conscience bien réelle
La NBA est consciente de l’ampleur des défis climatiques et environnementaux qu’elle doit relever. Malgré des progrès significatifs, tels que la campagne “Nets for Change” et des actions concrètes en matière d’infrastructures, la ligue reste en retard par rapport à d’autres secteurs sportifs en matière de durabilité. Toutefois, l’ouverture du débat et la prise de mesures concrètes pour réduire son empreinte écologique témoignent d’une volonté de s’engager davantage.
La NBA a certes un long chemin à parcourir pour devenir véritablement « verte », mais ses récentes initiatives montrent qu’elle est prête à jouer un rôle de leader dans la sensibilisation et l’action en faveur du climat. La campagne “Nets for Change” n’est que le début d’une révolution qui, espérons-le, marquera l’avenir de la ligue et de son impact sur la planète.