Les plats cuisinés et l’écologie, ça n’a pas toujours été une évidence. Pendant longtemps, les boîtes de conserve trônaient dans les placards sans qu’on se pose trop de questions. Mais les temps changent, et les marques ont dû s’adapter. C’est le cas de William Saurin : aujourd’hui, la marque ne se contente plus de faire des plats mijotés, elle essaie aussi de faire mieux pour la planète.
William Saurin, une marque emblématique des plats cuisinés français, est bien connue pour ses plats en conserve et notamment son emblématique cassoulet. Depuis sa création, elle a su conquérir ses consommateurs avec des recettes traditionnelles, prête à réchauffer. Aujourd’hui, la marque fait face à un défi majeur : allier son savoir-faire culinaire à des engagements écologiques de plus en plus pressants.
Dans le cadre de mon stage chez Cofigeo, groupe propriétaire de la marque William Saurin, j’ai eu l’opportunité de plonger dans les coulisses de cette évolution. Comment la marque, qui fait partie du quotidien de nombreux foyers, combine plats cuisinés et écologie ? Comment s’adapte-t-elle aux enjeux environnementaux tout en maintenant la qualité de ses produits ? J’ai décrit dans cet article les initiatives déjà prises par William Saurin pour répondre aux attentes des consommateurs et comment elle pourrait continuer à innover jusqu’en 2050.
Etat des lieux des engagements de William Saurin en 2025 :
Côté emballage :
D’abord, parlons des boîtes de conserve en métal. William Saurin a opté pour cet emballage dès la création de la marque. C’est recyclable à l’infini tout en assurant une longue conservation sans ajout de conservateurs grâce à la technique de l’appertisation (c’est le nom donné à la technique de stérilisation car elle a été inventée par Nicolas Appert. C’était l’instant culture, ne me remerciez pas).
Les boîtes de conserve ont toujours été recyclables, mais le problème, ce n’est pas juste leur recyclabilité, c’est aussi leur impact en amont. La production de métal (acier ou aluminium) est très énergivore et polluante, notamment à cause de l’extraction des matières premières et du processus de fabrication. Même si elles sont recyclables à l’infini, leur empreinte carbone reste élevée par rapport à d’autres types d’emballages plus légers ou nécessitant moins de ressources à produire. On n’est donc pas sur un 10/10 pour l’emballage mais on n’est pas trop mal non plus…
William Saurin fait aussi des assiettes de plats préparés. Avant, la marque a utilisé des assiettes en plastique noir…Grande erreur : les centres de tri ont des difficultés à recycler les assiettes en plastique noir, car ils utilisent des capteurs optiques pour identifier et trier les matériaux. ces capteurs ont du mal à détecter le plastique noir, ce qui fait que ces emballages finissent souvent incinérés ou en décharge au lieu d’être recyclés. Pour remédier à ça, la marque (enfin, les chefs de produits de William Saurin, coucou Benjamin, Ines, Sibyle) a décidé de remplacer ces assiettes noires par des assiettes blanches, facilitant ainsi le tri et le recyclage. Ces couleurs sont mieux détectées par les systèmes de tri, ce qui permet de recycler plus facilement le matériau au lieu de le jeter. Ce changement peut paraître anodin, mais il a un vrai impact sur la fin de vie des emballages.
Moins de gaspillage, plus de recyclage. Idem pour les étuis en carton : ils sont passés au 100 % recyclé et bien sûr, recyclable.
William Saurin a également des sachets en plastique doypack. Ils sont en plastique 100% recyclable et ne sont pas plus grands que nécessaire : moins de poids des emballages, moins de matière utilisée, et pas d’espace inutile !
Au final les emballage, ce n’est pas encore parfait, mais on est plutôt positif.
Et dans l’assiette ?
Là aussi, la marque essaye de faire un peu plus attention. Les recettes intègrent de la viande labellisée, ce qui garantit une meilleure qualité et une traçabilité plus claire. En plus de ça, une grande partie des plats sont préparés avec de la viande française. Alors oui, tous les ingrédients ne sont pas 100 % locaux, mais il y a un vrai effort. Et en réalité, pour William Saurin, atteindre le 100 % local, c’est quasi impossible. La marque produit des telles quantités chaque année, que ses fournisseurs français ne pourraient tout simplement pas suivre la demande pour l’ensemble des produits. Comme exemple, la marque Zapetti, qui appartient aussi au groupe Cofigeo propose des sauces tomate et des ravioli en conserve. Mais contrairement à William Saurin, elle peut se permettre d’utiliser des tomates 100 % françaises. Pourquoi ? Parce que ses volumes de production sont bien plus petits. William Saurin, avec ses tonnes de produits fabriqués chaque année, doit aller chercher ailleurs pour assurer l’approvisionnement. C’est une contrainte industrielle plus qu’un manque d’engagement.
En parlant de traçabilité, William Saurin met en place le QR code Origin’Info sur ses packs. Les packs mis à jour avec le QR code sont en cours de réalisation et sortiront en avril 2025 (c’est une annonce en avant-première que je vous mets là).
Et côté recette, la marque s’efforce également de réduire le sel et les additifs, elle est toujours sans arômes artificiels, sans colorant et évidemment sans conservateur (petit rappel : c’est l’appertisation qui se charge de la bonne conservation). William Saurin mise tout sur le goût en restant Nutri-Score A ou B et en faisant évoluer les recettes en même temps que les normes Nutri-Score évoluent. Eh oui, parce que un produit qui est Nutri-Score B aujourd’hui peut passer en C demain, sans changer la recette, juste parce que les exigences Nutri-Score ont augmenté… Et quand ça arrive, vite vite vite Benjamin et son équipe réagissent pour faire évoluer les recettes impactés pour qu’elle restent en Nutri-Score vert ! Finalement, un produit sain pour le corps sera un produit meilleur pour l’environnement : moins de transformation, moins d’énergie consommée. Au bout du compte on peut créer un lien entre plats cuisinés et écologie, j’avoue ça m’a un peu réconciliée avec les plats cuisinés de travailler auprès de l’équipe William Saurin… Ce n’est pas la cuisine la plus saine, rien ne vaut un vrai légume du marché, mais les engagements sont réels, et je vous assure que c’est au quotidien qu’ils font en sorte de les tenir !

Mais d’ici 2050, William Saurin aura quel goût ?
En 2025, William Saurin va devoir continuer sur sa lancée. Aujourd’hui, les engagements de William Saurin en interne sont réels : du goût, des ingrédients de qualité, et surtout plus de transparence et d’engagement sur l’environnement. Mais comment la marque peut évoluer d’ici 2050 avec des attentes consommateurs croissantes, des ressources plus limitées, et toujours plus de régulations ?
Origin’Info
L’une des évolutions les plus concrètes à venir, c’est l’arrivée du QR code Origin’Info sur tous les packs dès avril 2025 comme je l’ai évoqué précédemment. De plus en plus de consommateurs veulent savoir précisément ce qu’ils mangent et d’où ça vient. Avec ce QR code, plus besoin de décrypter des listes d’ingrédients compliquées ou de faire confiance à des labels parfois flous. En scannant l’emballage, on pourra directement accéder aux informations sur l’origine des matières premières (et impossible de mentir, le service qualité est super rigoureux chez Cofigeo ! La réglementation est centrale dans la création des packs). Un bon moyen d’éviter les « fausses bonnes surprises » et de voir si les engagements pris sont réellement tenus
La réglementation
A propos de réglementation, il ne faut pas oublier que le gouvernement renforce de plus en plus les normes en matière de déchets et de recyclage. En effet, la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire prévoit l’interdiction des emballages en plastique à usage unique d’ici 2040. Elle concerne principalement les emballages plastiques qui ne peuvent pas être facilement réutilisés ou recyclés. L’objectif est de limiter l’utilisation des plastiques à usage unique, notamment ceux qui finissent rapidement à la décharge ou qui ne sont pas recyclés efficacement.
Cette interdiction ne s’applique pas nécessairement aux emballages en plastique faits de matériaux recyclés. Les emballages fabriqués à partir de plastique recyclé peuvent être autorisés, tant qu’ils respectent certaines normes de recyclabilité et ne contribuent pas à la pollution plastique. Il est important de faire la différence entre les plastiques issus de matières premières vierges, qui posent des problèmes environnementaux, et ceux fabriqués à partir de matériaux recyclés, qui s’inscrivent dans une logique d’économie circulaire.
Les entreprises qui utilisent des matériaux recyclés dans leurs emballages doivent s’assurer que ces derniers sont bien recyclables, réutilisables ou compostables pour respecter les critères de la loi. William Saurin pourrait donc utiliser des emballages faits entièrement de plastique recyclé pour les assiettes d’ici 2040 pour pouvoir concilier plats cuisinés et écologie. Ces matériaux pourraient offrir une réduction d’impact significative, si la marque arrive à s’assurer qu’ils restent totalement recyclables. Reste encore à voir l’impact sur le coût…
Côté boîtes métal, recycler, c’est bien, mais réduire l’impact dès la production, ça c’est le vrai challenge. Une option d’ici les 25 prochaines années serait de réduire l’épaisseur du métal utilisé pour les conserves, histoire d’utiliser moins de matière sans compromettre la qualité de la conservation.
Une autre réglementation qui arrive en 2025 : la réforme de la responsabilité élargie du producteur (REP) aux emballages industriels et commerciaux (EIC). C’est quoi ça encore ?
Le principe de la Responsabilité Élargie du Producteur (REP) signifie que les fabricants ou distributeurs de produits sont responsables de la gestion de leurs produits une fois qu’ils sont devenus des déchets. En d’autres termes, cela implique que les entreprises doivent prendre en charge le recyclage ou la gestion des déchets générés par leurs produits.
Quand la REP est étendue aux emballages industriels et commerciaux (EIC), cela signifie que, à partir de 2025, les producteurs qui mettent sur le marché des emballages destinés à des produits professionnels ou industriels devront également gérer la collecte, le recyclage et la gestion de ces emballages une fois qu’ils seront jetés. Autrement dit, les entreprises devront non seulement gérer les déchets des produits destinés aux consommateurs, mais aussi ceux utilisés dans un cadre plus large, comme dans les commerces ou les industries.
Cela pousse les entreprises à revoir la conception de leurs produits et emballages pour les rendre plus faciles à recycler ou à réutiliser, tout en évitant d’alourdir les coûts et la gestion des déchets.
William Saurin devra suivre ces évolutions et d’ici 2050, on pourrait bien voir la marque revoir encore une fois l’ensemble de leur stratégie d’emballage.
Plats cuisinés et écologie : la cuisine de 2050
Sur le plan nutritionnel, la tendance est aussi à la réduction des additifs, du sel, et de la consommation de viande. William Saurin a déjà commencé à revoir ses recettes, mais est-ce que ça ira encore plus loin ? Les prochaines années vont sûrement voir arriver de nouvelles améliorations, peut-être même une gamme plus large axée sur des protéines végétales.
Conclusion
En conclusion, William Saurin fait déjà de grands pas vers une production plus responsable, en conciliant plats cuisinés et écologie. Les initiatives prises en matière d’emballage et de recette montrent que la marque est consciente des enjeux environnementaux et se donne les moyens de les relever. Toutefois, à l’horizon 2050, de nouveaux défis se présenteront : la réglementation de plus en plus stricte sur le recyclage, la nécessité de réduire l’empreinte carbone et d’adopter de nouvelles pratiques durables. Si William Saurin continue d’innover dans ses processus de production, ses recettes et ses emballages, elle pourra, peut-être, continuer à régaler les consommateurs tout en respectant l’environnement. Le chemin est encore long, mais les efforts réalisés aujourd’hui témoignent d’une volonté sincère de préparer la cuisine de demain, à la fois bonne pour nos papilles gustatives et pour l’environnement.
Sources :
- Mon stage chez Cofigeo
- Site officiel de William Saurin, https://www.william-saurin.fr/
- Site officiel de Cofigeo, https://www.cofigeo.fr/
- ADEME, Transitions 2050 : Choisir maintenant. Agir pour le climat, 2021, https://librairie.ademe.fr/ged/6531/transitions2050-rapport-compresse2.pdf
- Ministères Aménagement du Territoire Transition Ecologique, La loi anti-gaspillage pour une économie circulaire, 5 juin 2020, ecologie.gouv.fr
- Innova Group, La nouvelle réglementation des emballages en France : un tournant majeur en 2025, 30 décembre 2024, fr.innovamaquinaria.com