Drague2.0  : Quand la génération Y consomme le sexe comme de la bière

Depuis plus de 10 ans, l’utilisation des sites de rencontre explose : un français sur quatre est inscrit sur un site ou une application de rencontre ! Le smartphone est devenu une sorte de cupidon digital permettant l’inter-connectivité entre personnes. Qui aurait cru qu’un jour le sexe serait devenu un produit de consommation banalisé ? Exit les longues discussions avant d’envisager un verre, beaucoup trop has been… En 2020, on swipe et on jette ! Place à une génération Y qui enchaîne les conquêtes aussi vite que les bières entre amis !

Le sexe sans modération

Selon une récente étude Ifop*, 62 % des français admettent avoir eu une aventure sans lendemain ! 2 termes anglo-saxon reviennent fréquemment pour caractériser ce phénomène : le « Trash Dating » (« Coup d’un Soir ») et  le « Binge-Dating », ( multiplier des aventures sans lendemain). La démocratisation du « Trash dating » s’explique par l’avènement du digital qui offre la possibilité de rencontrer de façon quasi-instantanée toujours plus de personnes sans même bouger de son lit. Alors que nos parents devaient payer des abonnements et attendre plusieurs mois pour « matcher » avec un nouveau profil, désormais Tinder, Badoo, AdopteUnMec.com proposent de swiper les profils et de matcher sans débourser un seul centime directement sur son smartphone. ll est désormais possible de consommer du sexe sans modération et certains vont même jusqu’à s’inscrire simultanément sur plusieurs applications de rencontre pour multiplier leur partenaire d’un soir.

Le physique comme produit d’appel

Sur ces plateformes où l’on fait ses achats pour une nuit et parfois pour une vie, rien est laissé au hasard. Le profil doit être aussi bien pensé qu’un packaging et joue le rôle de vendeur muet. Les mensurations s’expriment en centimètres d’abdominaux et tour de poitrine, les qualités et centres d’intérêts sont mis en avant dans des argumentaires bien rodés. Et comme dans une vente aux enchères, ceux qui dégagent le plus de valeur remportent la mise ! Ainsi, les plus audacieux optent pour une description atypique pour capter l’attention de leur cible :

      Se vendre comme un produit
Se faire décrire par quelqu’un d’autre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour se différencier dans cet univers ultra compétitif, certains n’hésitent pas à faire appel à des professionnels pour obtenir « The photo » qui permettra d’augmenter leurs chances de matcher avec d’autres profils. On assiste ainsi à un foisonnement de coachs spécialisés en sites de rencontre qui promettent d’offrir toutes les clés pour devenir un bourreau des cœurs.

 Un catalogue infini au bout du clic

Les sites et applications de rencontre en tous genres pullulent, dernièrement c’est le Géant Facebook qui a annoncé le lancement d’ici 2020 de Facebook Dating , nouvel entrant sur ce marché du célibat estimé à 8 millions de français*. Les directions marketing ont bien compris que pour tirer leur épingle du jeu, l’hyper segmentation est la clé ! Tous les goûts sont dans la nature, on peut donc se mettre en relation avec des personnes en fonction de leur religion (Mektoube.fr met en relation les musulmans), de leur orientation sexuelle (Grindr  est destiné aux personnes homosexuelles)  ou encore catégorie d’âge ( Disons-demain.fr s’adresse aux plus de 50 ans) et catégorie socio-professionnelle ( Attractiveworld.net  est réservé aux personnes aisées).

 

Vers une vision consumériste assumée

L’amour est devenu un produit très prisé. Adopteunmec.com promet à ses utilisatrices de faire leurs courses et d’adopter l’homme qui leur correspond. L’association entre homme et objet est pleinement revendiquée par son slogan « hommes-objets à câliner », mais également par son logo affichant une femme poussant un caddie de supermarché avec à l’intérieur… un homme en guise de produit.

Et puis que dire de nos Roméo et Juliette 2.0 qui n’ont aucun scrupule à vous laisser tomber en plein milieu d’une discussion sans la moindre explication ?  Le terme « trash dating » (ou rencontres poubelles) prend alors tout son sens à travers ceux et celles qui sont prêts à vous jeter comme des mouchoirs usagés au premier faux pas.

L’amour serait-il devenu une « bonne affaire » destinée à divertir la génération Y ? Le sexe est-il un instrument de buzz pour surfer sur la vague consumériste ? Cette consommation compulsive ou binge dating n’est-elle pas le résultat d’une génération en quête d’existence dans un monde connecté ultra-individualisé ?

Bien évidemment, il ne faut pas tout noircir !  Pour les « Djeunes » qui croient encore à l’amour, le VRAI ne perdez pas espoir… *39% des membres de sites de rencontres déclarent y avoir connu au moins une relation amoureuse. Alors même si la nature des rencontres a évolué, le conte de fée est peut-être à portée de clic 😉 

« Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants… »

Ligne de vêtements dédiée aux bébés « Tinder »

 

*Étude de l’Ifop pour Lacse réalisée par téléphone du 28 décembre 2017 au 3 janvier 2018 auprès d’un échantillon de 2 012 personnes, représentatif de la population âgée de 18 à 69 ans résidant en France métropolitaine

 

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1 commentaire sur “Drague2.0  : Quand la génération Y consomme le sexe comme de la bière”

  1. Bon article qui établit un constat simple (et vrai!) de dire que non, les gens ne savent plus lier de relations continues et fortes à l’heure où tout n’est que zapping et éphémère. Le nombre de célibataires trentenaires en quête d’un Idéal vendu par les belles photos fausses/faussées sur lesréseaux est parlant. On cherche tjr mieux. Comme le voisin. On zappe, on passe parce qu’on se nourrit d’autres choses. Les jeunes ont moins de rapports (prouvé aussi par différentes études: désacralisation du sexe, frustration) et par la suite, ils consomment juste et passent au suivant… C’est triste. ce n’est pas « c’était mieux avant », c’est « on a accès à tout et au lieu de nous rendre plus forts, ça nous fragilise ». C’est moche et triste mais vrai

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